Le jour d’après …

J’ai longtemps réfléchi à la teneur de ce nouveau post. Au début, je voulais faire un article sur la rentrée et sur les événements d’entrepreneurs. Je me disais que le mois de septembre était une bonne période pour reprendre les activités, j’ai même assisté à des rencontres organisées par Créacannes. Mais les intempéries m’ont fait changer d’avis.

J’ai eu un ami au téléphone il y a peu, et, sur le ton de l’humour, il m’a dit : « dis donc, tu déménages dans le sud et voilà qu’ils se tapent la tempête du siècle ! Préviens-moi quand tu remontes sur Paris que je prenne des vacances ! » Si j’ai effectivement rigolé à cette blague, je ne peux m’empêcher de repenser à cette nuit.

Nous sommes samedi soir et nous avons décidé ma femme et les enfants de sortir dîner, le premier choix s’était porté sur l’épicurieux, mais on s’est ravisé pour aller à la brasserie l’Angle juste à côté de la maison. À 20:00, nous sortons pour aller dîner, rien de spécial hormis une petite pluie fine. Nous dînons et au fur et à mesure que l’heure avance, la force de la pluie s’intensifie, au point qu’un peu avant 22:00 la force de la pluie nous permet de voir un ruisseau se former rue Pasteur. Les serveurs du restaurant ont commencé à sortir la raclette pour évacuer les premières traces d’eau, on a vu une vieille femme arrivée malgré la force de l’événement à monter les quelques marches du restaurant avec sa canne, et puis est arrivée la coupure d’électricité.

Chacun agit de manière différente dans des moments de stress, pour ma part, j’essaie de faire un peu d’humour, pas toujours bon, je l’avoue, mais il faut évacuer comme on peut. Quand la serveuse est arrivée pour nous apporter nos desserts après 30 minutes de lumières tamisées par les quelques néons de la rue encore allumés, ma première réaction était de lui demander si la direction avait prévu des lits au cas où ? Je sais, c’est à se tordre de rire !

Et puis on est rentré, en ouvrant la porte de l’immeuble, on a mis les pieds dans 7cm d’eau, et il n’était que 22:30, l’épisode devait prendre fin quelques heures plus tard. En l’espace de 3 heures s’est abattu sur Cannes et ses alentours l’équivalent de plus de 3 mois de précipitations, du jamais-vu !

Mais le pire était à venir ! Durant la nuit, nous avons reçu des vidéos des intempéries, toutes plus folles les unes que les autres. Des torrents de boues se déversaient dans Cannes, et nous dormions sans vraiment comprendre ce qui se passait. La Croisette était dans le noir et avec elle le Carlton et le Martinez. Quand nous sommes sortis le matin, notre première destination a justement été la croisette. Un peu au hasard, nous avons erré dans les rues de Cannes pour découvrir un paysage hallucinant ! De la boue dans toutes les boutiques ! Sur les trottoirs jonchaient des morceaux de moquettes, des boîtes de vêtements de luxe, des meuble  Toutes les grandes marques ont été touchées : Louis Vuitton, Ralph Lauren, Breguet, Cerruti, Jimmy Choo  Mais le plus impressionnant, c’était le regard, celui de tous ces hommes et ces femmes qui semblaient perdus, abattu, hagard, un peu comme un boxeur qui vient de recevoir un coup qu’il n’aurait jamais cru possible de recevoir un jour. Et puis je suis allé voir le cousin de ma femme, qui est opticien rue de la République. En me dirigeant vers sa boutique, j’ai découvert l’ampleur des dégâts : des voitures retournées comme on retourne des crêpes, des traces de boues qui montaient parfois au-dessus de ma tête, des morceaux de routes, du bitume qui jonchait la route comme déposé délicatement, des montagnes de boues partout… Arrivée devant la boutique, je n’ai pu constater que ce drame laissait place à l’horreur. L’horreur de voir que des personnes avaient utilisé ces événements pour piller des magasins. Comme si un drame pouvait se transformer en opportunité !

Près d’une dizaine de jours après les événements, les cicatrices sont encore visibles partout dans les rues. Les distributeurs de monnaies ne fonctionnant pas tous encore, et les paiements par CB n’étant pas toujours disponibles dans les commerces, on assiste à un spectacle qui n’est pas sans rappeler les images de la Grèce. Des queues d’une trentaine de personnes devant les distributeurs qui fonctionnent s’organisent partout où les distributeurs fonctionnent. Les techniciens s’affairent partout pour rétablir : chauffage, électricité, réseau téléphonique, routes…

Une solidarité s’est organisée, après l’horreur viennent les plus belles qualités de l’humain : générosité, compassion, soutien. Les voisins se sont parlé, les collègues se sont aidés, les amis, la famille ont répondu présent. Et puis il y a les journalistes et leurs interminables questions : « avez-vous été prévenue par les services concernés ? Allez-vous revenir habiter dans vos maisons après ? Qu’avez-vous perdu ? » Et les gens qui feraient n’importe quoi pour avoir leurs  » 15 min de célébrité » en demandant par exemple au journaliste de BFM si ça va être en direct?. Et il y a aussi les commentaires sur les réseaux sociaux :  » ça va ce n’est pas Katrina non plus ! Et puis ça va, ils ont les moyens les Louis Vuitton et autres ! Oh ça va y a pire !« 

C’est drôle comme les gens peuvent réagir finalement. Cet évènement m’a permis de voir le meilleur comme le pire de l’être humain. Maintenant, on attend simplement de voir comment va être le jour d’après…

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Cacher ce sable que je ne saurais voir …

Cannes fait l’objet d’un chassé-croisé bizarre : bye-bye les Saoudiens, bonjour les aoûtiens ! Au revoir, les super cars, les femmes parées de bijoux hors de prix et les tenues « bling-bling » et bonjour le festival de corps marqués par le temps autant qu’ils marquent les esprits, les casquettes et autre bob et le festival de selfies et autres « duck faces » ! Les places sur les plages se font rare, il faut presque jouer des coudes pour trouver un morceau de sable sur lequel poser sa serviette.

Cannes change de visage autant de fois qu’elle change de « population », et franchement, il y a des fois où le changement n’est pas toujours de bon goût. Mais il n’y a une chose qui ne change pas, la forêt de panneaux à vendre aussi bien sûr la croisette que dans la ville. Je me demande souvent comment font tous ces agents immobiliers pour vivre, tant d’offres et si peu de clients… En tous les cas, c’est ce que je croyais. Les vagues d’investisseurs sont aussi nombreuses à Cannes que celles qui viennent peupler la ville.

Prenons les Russes par exemple, il semble que cette vague d’appartements, villas et biens immobiliers en tous genre soit de leur fait. En effet, au moment de Sotchi, le très démocratique Vladimir Poutine, aurait demandé à ses concitoyens qui auraient la bonne idée d’investir hors de la sainte mère Russie, d’avoir l’obligeance de rapatrier leurs fonds illico presto sous peine d’attraper une maladie chronique.

Marché de FortvilleIMG_3531[1]Mais revenons à Cannes, le mois d’août est, comme à peu près partout en France, un mois « mort » difficile de joindre investisseurs, partenaires, et mêmes soutiens. Du coup, nous en profitons pour nous approprier la ville et voir ce que font les Cannois. Il y a un endroit assez incroyable, c’est le marché de Fortville, une sorte de mini Hall de Rungis avec ses étales pleines de fruits et de légumes. C’est un endroit
Incroyable où vous pourrez trouver légumes de saison, poisson (de la pêche du jour) et viandes. Une fois que vos courses seront terminées, passez prendre un « soca » sur le stand Socannes, cette spécialité niçoise à base de farine de pois chiche accompagnera volontiers un petit jaune que je vous conseille de prendre dans un petit bar qui jouxte le marché et qui se nomme « le couloir ». Un bar sans prétention, aux couleurs locales.

Donc pour résumer au mois d’août, évitez les plages et baladez-vous plutôt dans la ville, et si l’envie vous prenait de prendre un bain suivez les locaux…

Sultan mon amour ! je t’aime, moi non plus.

Alors que Cannes résonne au son des « super cars », son altesse royale d’Arabie Saoudite vient de quitter, tambours battants, la croisette et ses alentours, pour des cieux plus cléments. Du coup, en marchant rue d’Antibes, je me demande simplement : « c’est quoi notre problème ?« 

tshirtSi il est vrai que l’argent ne fait pas le bonheur, il y contribue parfois grandement, et ce ne sont pas les commerçants français qui diront le contraire… Toujours est-il que voici une personnalité de sang royal, c’est là son moindre défaut, qui décide de venir passer ses quelques « modestes » jours de vacances dans notre belle et douce côte d’Azur en compagnie de pas moins de 1000 de ses compatriotes, et nous on lui pourri ses vacances pour un bout de plage et une femme CRS. Ben mazette !

Je peux vous dire que cet épisode n’est pas passé pour certains et notamment pour les chauffeurs privés qui ont failli en venir aux mains avec les forces de l’ordre en apprenant le départ de son altesse.

Mais reprenons la question :  » c’est quoi notre problème ? » En effet, reprenons l’état de la France : un chômage en hausse, des riches qui prennent leurs jambes à leur cou (si si, ma bonne-dame), un pouvoir d’achat qui baisse, des hommes politiques de moins en moins crédibles, bref la France va moyennement bien Madame la Marquise !

Et on a un homme représentant d’un pays riche, mais pas forcement très fréquentable pour les bigots et autres tartufes qui nous demandent de cacher ces millions qu’ils ne sauraient voir, qui pourraient par exemple financer des startups, faire vivre pendant quelques semaines des commerces au bord de l’étranglement, apporter de nouveaux contrats internationaux… Cet homme choisi, la France pour ses vacances alors que même nos ministres la fuient, et on lui fait un scandale parce qu’il souhaite privatiser un banc de sable, où 3 pèlerins vont se baigner, au nom du principe ! « Mais il ne nous reste que ça, mon bon monsieur, les principes !« 

En fait, c’est en substance la discussion que j’ai eue lorsque j’ai découvert la caverne d’Ali Babba des objets déco et design rue d’Antibes : Bathroom Graffiti . Pour terminer sur une note plus joyeuse et surtout moins  » café du commerce », je vous conseille donc d’aller faire un tour dans cet antre du design et de l’objet en tous genre, jusqu’au nain qui vous fait un doit d’honneur.Nain

Dans cet endroit, nous avons eu un accueil très chaleureux et agréable, malgré un dimanche d’ouverture.
Tout en flânant dans les rues de Cannes, je n’arrêtais pas de me demander pourquoi parfois sommes-nous aussi obtus ?
Pourquoi ne pas unir nos forces plutôt que de chercher la division ? Cannes me fait philosopher, l’air marin sans doute.

Back to my roots

De Cannes à ParisPremier retour sur Paris, et premier choc ! Quand on revient de vacances, on sait à quoi s’attendre de la capitale, on s’y est préparé, mais quand on vient de déménager, ce n’est plus pareil.

Je sais ce que vous allez dire : » allez, ça fait à peine 15 jours et tu te prends déjà pour un sudiste ? Tu ne te la racontes pas un peu quand même ? » Et bien franchement non !

Je quitte Cannes, avec une température de 34°, un grand soleil, pour arriver 5 heures plus tard à la capitale, Gare de Lyon et me prendre de pleine face et dans le désordre: les odeurs, les gens qui font la gueule, les dingues, des gens en doudoune (en juillet), le métro, la grisaille, la pluie, …

En arrivant, je me suis dit : « je comprends mieux le rapport qu’ont les gens avec Paris, ils ne peuvent qu’avoir une mauvaise impression ». Parce que Paris ce n’est pas tout ça ! Au même titre que Cannes ne s’arrête pas à son festival, ses escortes girls, ses hôtels de luxe et sa croisette, Paris est une ville qu’il faut explorer en dépassant les préjugés.

Je ne suis à Paris que pour 3 jours, mais je sens la différence. Paris est une fourmilière. Et je remarque que dans les nouvelles technologies, beaucoup de mes congénères se posent la question de la province. Que ce soit Nantes, Bordeaux, Lyon, Toulouse, ou plein d’autres villes encore, chacune des personnes avec qui je discute de ma situation me dit la même chose : « Paris est trop engorgé, toutes les Start-up qui sont parties en province avancent beaucoup mieux, et plus vite ». Alors rêve ou réalité ?

De ce que j’ai pu récolter comme information, les financements sont plus accessibles, les investisseurs aussi, la concurrence moins nombreuse les subventions plus rapides à avoir, … Mais est-ce vrai ? Et qu’en est-il du tissue  » start-up » à Cannes ? Il ne faut pas oublié que la région (et donc la ville) vient d’obtenir la labellisation Frenchtech (cf. article de maddyness).

Pour maintenir le suspens sur ces questions, je vous invite à patienter jusqu’au prochain épisode…

Etape 1 – La recherche

appartementQuand on déménage en urgence comme nous l’avons fait, la recherche d’un appartement, c’est un peu la croix et la bannière. Pourtant, notre dossier est, pour un agent immobilier digne de ce nom, un dossier en or.

Si nous avions fait quelques incursions avant de descendre, notre arrivée à Cannes se fera donc en deux-temps.Si nous avions fait quelques incursions avant de descendre, notre arrivée à Cannes se fera donc en deux-temps. Et dans un deuxième temps, nous déménagerons dans notre appartement.

Mais le problème reste la recherche. L’immobilier résidentiel, aujourd’hui, commence forcément par Internet. Une fois que nous avions écumé les « boncoins« , « PAP« , et autres « Seloger« , il ne nous restait plus qu’a aller chercher le « marché caché ». Et oui, vous ne le savez peut-être pas, mais il existe dans l’immobilier ce que l’on appelle un marché caché. Il consiste simplement au fait que lorsque un agent signe un mandat, il fait d’abord le tour de ses demandes, avant de publier le bien sur les différentes plateformes.

À Cannes, ce marché caché est plus étendu encore, puisque pour certains biens, les offres se passent de « main en main ». Et ces biens sont les grandes surfaces, c’est-à-dire les appartements ou villa de plus de 4 pièces. Alors on a pris notre bâton de pèlerin est pour paraphraser Corneille : « nous partîmes tous les quatre, et avec beaucoup d’efforts, nous ne vîmes pas la queue d’un appartement du haut de Cannes jusqu’au Port ». Agence après Agence, l’accueil était pourtant agréable, mais le refrain restait le même : » bonne chance ! » Et ça s’est sans parler des agents indélicats qui vous fixe des rendez-vous pour un bien et vous en font visiter un autre ou ne viennent pas au rendez-vous parce qu’ils ont oublié de vous prévenir que l’appartement était loué.

Soyons optimiste. Il reste encore quelques options. Cannes en particulier, et le sud en général sont des endroits propices aux relations et aux réseaux. C’est presque à se demander si les LinkedIn et autres Facebook ne se sont pas inspirés de la vie en PACA ! Pour preuve, au détour d’une nouvelle découverte culinaire, que je vous conseille vivement, L’Epicurieux. Son patron, un amoureux du bien manger et du bien boire, vous accueilles dans un cadre très agréable avec une cuisine belle et bonne. Bref au détour donc de cette nouvelle expérience, nous décrochons des informations capitales et des recommandations. Parce que ne vous leurrez pas, sans recommandations pas d’informations, donc pas d’affaires.

Enfin, nous voyons une issue à notre recherche, mais pas encore d’offres, la période estivale reste le terrain préféré des « Airbnbistes« . Un 2 pièces se négocie à 900€ la semaine, autant vous dire que pour un 4 pièces, on est hors budget!

Tout ça pour vous dire, qu’entre agent immobilier et réseaux, la recherche d’un appartement c’est un boulot à temps plein!

10:19 | I Believe I Cannes Fly

On se demande souvent à quelle moment commence une vie. Est-ce au moment de la conception? au moment de la naissance? Au premier anniversaire? Ou encore au moment de passer à l’âge de raison? Pour moi c’est la SNCF qui a donné le top départ, 10:19 l’heure du train qui allait nous emmener ma famille et moi vers notre nouvelle vie.

5 bonnes heures plus tard, nous étions dans le sud. Premier objectif : trouver un appartement. Vous pensez que c’est facile? détrompez vous. Au moment où l’on passe les portes d’une agence immobilières, on peut lire sur le visage des agents : » mes pauvres amis, vous allez galérez grave, sortez les rames !!! » Et pourtant on ne cherche qu’un 4 pièces !

Alors voilà, nous y sommes, Cannes ! La croisette, le Martinez, les Hôtels, les voitures et les boutiques de luxe. Nous on s’est dit:  » on va se faire allumer ! Des Parisiens qui arrivent dans le Sud avec leur bonne tête de vainqueur, ça va être le festival ! Et bien pas tant que ça. D’abord, comme dans toutes les villes, il faut prendre son temps, observer, se renseigner, discuter, s’ouvrir aux autres. Quant on est descendu la première fois, en éclaireur, on a découvert deux restaurants topissimes: le premier la meissounière et le second le Cirque. Une cuisine simple sans être simpliste, raffinée sans être bling-bling, à un prix abordable. Alors on s’est dit que finalement Cannes c’était comme toutes les villes, ni plus ni moins.

La meissounière

Et puis une fois arrivée on a commencé à appeler tout le monde, ceux qui étaient resté à Paris, pour les rassurer, leur dire qu’on était bien arrivée. Et bizarrement la phrase qui revenait tout le temps c’est : « vous allez voir l’hiver à Cannes », comme si l’hiver à Paris c’était une boîte de nuit à ciel ouvert.

Tout ça pour dire que notre nouvelle vie a commencé à 10:19 !