On oublie tout et on avance…

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Nouvelle année, nouveaux objectifs, nouvelles envies, bref que du nouveau. 2016 fût une année de m…. pour tout le monde 2017 sera je l’espère une meilleure cuvée ! En tout cas je vous le souhaite à tous !

Pour commencer cette nouvelle année, je voulais vous parler de ce qui va se passer sur ce blog. En effet, il me faut toujours un peu de temps pour écrire un billet qui me plaise et qui je l’espère vous plaira également. Alors je vous propose de me faire part des sujets que vous souhaitez que j’aborde. Dans une premier temps, voici les sujets que je prépare:

  • Start-up : que se passe-t-il sous le soleil? Pour parler du dynamisme de la région en matière d’idées et d’innovations
  • Où s’implanter ? De Toulon à Menton il est toujours compliquer de savoir où s’implanter et pourquoi.
  • Coworking, avantage et point d’amélioration ! En effet, l’immobilier est un poste important quand on se lance, le coworking est une solution, comment éviter les pièges.

Et puis il y aura des interviews de Start-Up que j’ai la chance de rencontrer, ou de personnalités que j’ai la chance de croiser.

Voila pour le blog, sur la page Facebook vous trouverez des bon plans et des billets d’humeur.

Cette année j’aimerais parler de ce qu’il y a de positif autour de nous, d’innovations, d’initiatives, de personnalités créatives, de bâtisseurs, de créateurs. Cette année et je l’espère les années suivantes, je voudrais montrer ce qu’il y a de plus beau en chacun de nous, de ces hommes et de ces femmes qui chaque jour se battent pour faire de notre monde un endroit meilleur. C’est peut-être un peu naïf, me direz vous, mais je suis intimement persuadé que, plus nous nous focaliserons sur les choses positives, plus notre vie sera positive. Alors si vous souhaitez une bol de fraîcheur dans se monde de bruts, suivez ce blog et la page Facebook, partagez autour de vous et n’hésitez pas à m’envoyer des idées, où même des articles, je les publierai.

Alors Bonne année et Bonne Chance…

 

 

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#EIAStrong …

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Il est vrai que je n’ai pas parlé de ce qui s’est passé à Nice le 14 juillet dernier. Pour quelle raison ? Parce que tout simplement il y a eu trop de discours, de mots, de vulgarités, de choses qui m’ont donné l’envie de vomir.

Ce 14 juillet, j’étais à Nice l’après-midi, pour mes affaires d’abord, mais également pour participer à l’EIA – European Innovation Academy qui rassemble des étudiants de tous les pays et leur permet de créer en 15 jours une Start-up ou tout du moins de lancer un projet et d’obtenir leurs premiers clients.

Imaginez-vous qu’en France, on fasse venir des étudiants de Chine, des Etats-Unis, de Hollande, d’Allemagne, des Émirats Arabes Unis, et cela, afin de leur donner les moyens et l’opportunité de créer en France (oui, je le répète) une Start-Up. De montrer que l’innovation à sa place dans notre pays. De prouver au monde entier que : oui, la France peut attirer des cerveaux, car oui, la France est un pays dynamique, qui malgré tout les efforts de nos gouvernements successifs pour détruire se beau pays, est capable encore de créer et d’innover. N’oubliez tout de même pas que notre symbole, c’est le coq ;)

Et là, en une soirée, un illuminé (pardonner cet euphémisme, mais je refuse de tomber dans la vulgarité) fauche, au nom d’un Dieu en qui personne ne se reconnaît, des innocents dont 3 de ces étudiants, venus en France pour innover !


NON MAIS VOUS ETES SÉRIEUX !

Cela fait un mois et 3 jours ! Moi ? J’étais à Cannes ce soir-là, par chance. Comme j’étais à Nice dans la journée, j’avais proposé à ma femme de venir voir le feu d’artifice sur la Prom‘. Mais, finalement, trop fatigués, nous nous sommes dit que nous allions rester à la maison avec les enfants. Le destin ? Je ne sais pas, ce que je sais, c’est que depuis un mois l’ambiance est électrique. Les gens mélangent tous, à l’instar de l’épisode Burkini en ne comprenant pas pourquoi l’interdire alors qu’on autorise les combinaisons de plongée. Sérieusement ? La question que nous nous sommes posées avec les mentors au lendemain des évènements était la suivante : où allons nous pouvoir aller pou permettre à nos enfants de vivre tranquillement leur vie ? Je n’ai pas de réponse à cette question.
Aujourd’hui, j’ai reçu un mail d’un cliente qui me dit que pour le moment, elle stoppait tous les projets d’investissement en France, sans aucune autre explication. Et elle n’est pas la seule.

En revanche, il y a des hommes et des femmes courageux qui ont décidé de continuer à créer leur Start-up en France, d’innover, d’investir ! Ce sont ces personnes qui me donnent l’envie de rester, de continuer à me lever le matin, pas seulement pour mes enfants, mais aussi pour mon pays et ses valeurs. Pour cette France qui en son temps a accueilli mon arrière-grand-père qui avait été chassé de son Arménie pour cause de Génocide. Pour cette France qui a permis à mon grand-père de réussir comme elle a permis à des millions d’enfants d’immigrés de se créer de nouvelles racines sur cette terre d’accueil pour ceux qui la respecte. Je sais que cela fait un peu patriote de comptoir, mais j’aime profondément ce pays.

Le point positif dans tout cela ? Après la pluie, vient le beau temps…

 

 

En route pour une nouvelle saison !

Et oui, cela va bientôt faire un an que nous avons eu la bonne idée de déménager vers le soleil. Un an que nous avons été accueilli par Cannes. Et je dois dire que le bilan pour le moment est plutôt positif. Je ne vous dirait pas que tout est rose et que nous vivons dans le monde des Bisounours, mais quand vous quittez Paris, tout vous semble moins… ou plus… en fait c’est différent. Voilà, le bon terme, c’est différent. Paris sera toujours Paris, mais la côte d’Azur a des charmes que même avec la meilleur volonté du monde, Paris n’aura jamais. Et notamment le soleil. Alors que mes anciens congénères se gèles les c… dans la capitale, ma famille et moi profitons du soleil azuréen et même des plages.

Et le travail ? Et bien figurez vous qu’il y en a. Et plein d’ailleurs! Il vous suffit de vouloir travailler. En ce qui concerne l’univers des Start-up, je commence à entrevoir la véritable dynamique de cette région. Que ce soit l’Azur Digital Day, les TedX, et bien d’autres choses encore, la côte d’Azur s’organise, se met en marche, avance et plus vite qu’on ne le crois. Vous qui voulez créer votre Start-Up, venez le faire ici !!! Si vous ne le faites pas pour vous, faites le au moins pour votre avenir !

J’ai également découvert que sortie du Festival de Cannes, Il y a des évènement autrement plus formidable pour ceux qui veulent entreprendre. Le Cannes Lions fait partie de ceux là. Cet évènement mondial réunit chaque année en juin les publicitaires du monde entier et se veut le Festival international de la créativité.

Et puis il y a Mougins ! J’ai découvert le compromis idéal. La ville qui se trouve être à la croisé du Lifestyle à la Française et des nouvelles technologies. Entre Cannes & Sophia, dans l’arrière Pays, ce village trône fièrement comme aurait pu le faire se petit village d’irréductibles bretons. Si Astérix était sudiste, il serait Mouginois pour sur ! On y croise les grands chefs, certaines stars du showbizz. Mougins c’est un monde à part. Vous qui voulez vous installer dans le sud, c’est ici qu’il faut être, à proximité de tout et loin de rien.fond_villageV2

 

Côte d’Azur, la Silicon Valley Française inexploitée !

Il existe des moments pour lesquels vous avez juste envie de crier ! Non pas que ce soit mon cas, mais depuis mon arrivée je remarque une chose plutôt hallucinante : la côte d’Azur est un territoire qui mérite que l’on s’y attarde, mais surtout méconnu !

En fait, vous avez pléthore d’entreprises innovantes, qui se mélangent à des grands groupes comme Thalès ou IBM. Vous avez des Business Angels à l’affût de nouvelles licornes, vous avez des hommes politiques qui souhaitent insuffler à leur ville, département ou région un vent de renouveau, et vous avez Paris. Je sais, l’anti-parisianisme primaire est souvent d’usage, mais là, je dois dire qu’il est plutôt justifié. Quand vous dites que vous aller vous installer ailleurs que dans la capitale, la première des réflexions, c’est :  » mais qu’est-ce que tu vas faire là-bas ? Tu vas mourir d’ennui ? » Oui, parce que pour les Parisiens, la vie s’arrête après le périphérique. Vient ensuite les petites phrases du style  » ça va être coton de trouver un emploi, non ? » ou « t’es certain de ton choix, il n’y a que des vieux là-bas! » Eh oui, les préjugés sont tenaces.

Depuis mon arrivée, j’ai découvert un écosystème incroyable, des villes intelligentes, des initiatives hallucinantes et surtout des gens qui respectent leurs engagements au même titre que les vôtres. Le point à améliorer ? L’ organisation. Une meilleure organisation car il manque sur ce territoire un évènement fédérateur permettant de faire connaitre, à la fois, les initiatives, les porteurs de projets et les besoins. Je ne dis pas qu’il n’y a rien, je dis juste que ce n’est pas toujours bien repartis et surtout connue. Il existe les Open Coffee  à Nice ou Sofia, dont je vous ai parlé dans mes précédents billets, il y a aussi d’autres initiatives comme les Hopbreakfast ou Hopdrink à Nice et Cannes organisés par les membres du réseau Hopwork. Il  y a également des TedX, le BA06 et le Azur Digital DAY et surement d’autres, mais j’ai encore du mal à les voir. Ces événements manquent de visibilité, bizarrement. De même, les espaces de coworking ne sont pas assez nombreux ou connus. Et pourtant!!! Oui, la Côte d’Azur est un bassin fertile pour les nouvelles technologies, un territoire rêver pour des start-up, mais surtout un endroit plein d’avenir! La preuve en est que le journal Nice-Matin accorde régulièrement un cahier entier aux initiatives locales. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai découvert des start-up pleines d’avenir à mon sens comme :

Et j’en oublie… Mais voilà un territoire plein de promesses, qui est capable de montrer la force de ses initiatives, et ce qui m’agace, c’est qu’on en parle pas suffisamment !!!

Donc je lance un appel qui a pour objectif de créer sur 3 jours un mouvement fédérateur qui permettra de mieux faire connaître les porteurs de projets, de permettre aux investisseurs de trouver des pépites et aux entrepreneurs de trouver des soutiens. Si vous êtes sponsor ou si vous voulez simplement aider à mettre en marche ce projet qui devra avoir lieu à Cannes, idéalement au Palais des Festival, contactez-moi.

 

2016, année de tous les défis…

bonne-annee-2016-repartir-du-bon-pied-600x401Chaque année, la tradition veut que nous prenions de bonnes résolutions. Pour certains, c’est le régime, le sport ou la cigarette, pour d’autres, c’est de se prendre en main, d’être plus ouvert aux autres, de lire ou d’aller aux spectacles ; bref, un florilège de bonnes intentions qui généralement s’évapore avec perte, mais sans fracas, à partir du 15 du mois.

Mais alors, me direz-vous, 2016, c’est la même chose ? Je ne suis pas devin, mais voilà ce que je pense : 2016 va être une année incroyable !

Pour ma part, si j’ai terminé l’année avec un OpenCoffee , je l’ai également commencée avec ce mêmeOpen coffee Nice évènement, qui se déroule toujours sous le patronage de la désormais « pétillante » Sophie Gironi  😉 Nous avons abordé, après les salutations d’usage, le terrible constat qu’en France, on souffrait d’un paradoxe qui frise la schizophrénie. En effet, d’un côté, nous créons des emplois, investissons dans nos belles entreprises, aidons les StartUp, PME, TPE, et consorts, et en même temps, on ne se donne pas les moyens de nos ambitions. Cette discussion, très salutaire, aurait pu s’apparenter à une sorte de « brève de comptoir », mais nous en sommes loin. En échangeant avec mes comparses, nous avons énuméré bon nombres de magnifiques exemples de réussites à la Française. Malheureusement, 80 % de ces exemples sont inconnues du grand public. De la même manière, bon nombre de Français ignore encore qu’il peut investir dans des start-ups ou des PME et bénéficier, entre autre, d’avantages fiscaux.

Au fur et à mesure, nous avons fait le constat que quoique puissent faire nos politiques, la solution ne peut venir que du terrain. C’est alors qu’une idée à germée, mais je ne vous en dis pas trop pour le moment, ce qui est sûr, c’est qu’au cours de notre discussion, nous sommes tombés d’accord sur un point important : « on est jamais mieux servit que par soi-même !  » Et que si nous voulions trouver des solutions, il fallait les chercher par nous-même. Donc suite au prochain numéro !!

Mais pour en revenir au sujet qui nous intéresse, 2016 va être une année formidable avec le développement des objets connectés. Il y aura aussi celui du secteur des Fintech avec notamment le crowdfunding et ses multiples déclinaisons. Sans oublier les Medtech, qui nous montrerons la voix d’une meilleure santé et peut être la capacité de se soigner plus facilement soit même. Et puis il y a la mobilité, entre Wi-Li, transports électriques et HoverBoard, nous serons toujours plus mobiles. Mais pour moi 2016 va ouvrir la porte aux Robots. Nous allons avoir de plus en plus de robots, notamment pour développer une relation client différente. En mêlant data et robotisation, nous allons voir se développer un mode de relation client de proximité complètement différente, et par extension, une expérience d’achat nouvelle.

Et puis j’ai découvert une petite nouveauté, au hasard de mails que j’ai reçu pour me souhaiter une bonne année, j’ai découvert un site assez intriguant dont je dois vous parlez. Il s’agit de Opportunity.mc un réseau social monégasque qui vous permet de gagner de l’argent en fonction du contenu que vous postez. En quelques mots, plus votre contenu intéresse, plus les interactions sont nombreuses et par conséquents, vous serez susceptible de gagner 10 000€ si vous êtes le meilleur. Bref, une manière de vous motiver à publier du contenu de qualité.

Tout ça pour vous dire, que malgré un début d’année un peu particulier mêlant obsèques de monstres sacrés du cinéma ou de la musique, hommages, vœux et bonnes résolutions, 2016 va être une année pleine de surprises, de nouvelles technologies et de nouveautés. Je vous souhaite donc le meilleur pour cette année, et n’oubliez pas : » The best is yet to come ;-) »

Sous le soleil…

Si la fin de l’année a été ponctuée par les élections régionales, elle a été pour moi l’opportunité de me confronter enfin à la Frenchtech de la côte d’Azur. Depuis notre arrivée depuis presque 6 mois, nous nous sommes rendu compte que le Sud était loin de l’image d’Epinal que l’on pouvait s’en faire. Prenons un exemple simple : se garer en ville. Pour Cannes, il y a le service Whoosh qui vous permet de payer votre parking via votre mobile après avoir géolocaliser votre horodateur. Simple et très efficace ! Pour Nice, et afin de remédier au problème, la Ville fait appel aux nouvelles technologies en lançant un système nommé Nice Park qui combine des horodateurs communicants de nouvelle génération, des capteurs de stationnement dans la chaussée et une appli pour smartphones. En pratique : les capteurs indiquent en temps réel les places libres via l’appli Nice City Pass, l’utilisateur va se garer à l’un des endroits indiqués (en espérant être le premier sur le coup) et paye sans contact avec son mobile à l’horodateur. L’appli peut même vous rappeler où est garée votre voiture et combien de temps il vous reste à l’horodateur.

Et puis il y a le Networking! Il vous faut comprendre une chose : ici utiliser son réseau est une pratique courante qui nécessite une attention toute particulière. Autrement dit, l’adage le plus rependu est : « montre-moi ton réseau, je te dirais qui tu es ! » J’ai donc renoué avec l’ OCC (Open Coffee pour les intimes), mais celui de Nice cette fois, qui se tient tous les premiers vendredi du mois. Mon premier OCC m’a donc permis de revoir la pétillante Sophie Gironi qui présidait cette session, et de me remettre un peu dans le bain avant les fêtes. J’ai également rencontré Christophe Perez de Team Côte d’Azur qui m’a fait l’inventaire rapide mais exhaustif de l’écosystème dynamique de la région.

Et puis il y a les petites pépites ! Tout d’abord, le service gpaltemps qui vous permet de trouver une bonne âme (moyennant quelques euros) pour vous aider dans votre quotidien. Pour moi c’était changer mes plaquettes de frein. Coût de l’opération 18€ pour les plaquettes sur Oscaro et 30€ de gpaltemps. Je vous invite à comparer avec les enseignes traditionnelles. Et puis il y a Belinked un nouveau service que vous découvrirez bientôt et qui vous permettra de trouver la perle rare au sein de votre réseau.

Bref, une fin d’année sous le signe de la Frenchtech. Alors si vous n’êtes pas convaincu qu’il faut venir dans le sud, laissez-moi vous donner un dernier argument, celui qui prime par-dessus tout, c’est qu’une fois rassuré sur l’écosystème, les aides, l’accès au financement et tutti quanti, il ne vous reste plus qu’à vous offrir une pause sur la plage ou de vous faire dorer la pilule à la terrasse d’un café.

Quant à nous, nous avons enfin trouver notre appartement, comme quoi tout vient à point … Alors, je tiens à vous souhaiter un très Joyeux Noël et de très bonnes fêtes de fin d’année !

Feu d'artifice Cannes

13 novembre 2015 : Paris attaquée

#prayforParisIl est plus de 21 heures quand le téléphone de ma femme sonne. À ce moment-là, nous sommes à la maison, on est vendredi, sa sœur est venue de Paris pour passer le week-end avec les nouveaux sudistes. On sort de table et on en est au café, avec des petites douceurs rapportées de Turquie par la tante de ma femme. Le téléphone de ma femme sonne, disais-je, et nous continuons de discuter de sujets tellement futiles, que je n’arrive pas à me rappeler de quoi nous parlions.

Ma femme décroche et je la vois blêmir, sa main posée contre sa bouche comme pour ne pas crier. Le temps s’arrête. Je la regarde et je lui demande ce qui se passe. À ce moment très précis, je ne sais pas qu’elle a ma mère au téléphone et que ses mots ont été : « Adrien, fusillade. » Adrien, c’est mon petit frère, il habite dans le 10e arrondissement. En plein cœur du quartier où les événements ont eu lieu. Je prends le téléphone et j’essaie de comprendre, mais surtout de savoir s’il va bien. C’est con comme on peut être égoïste dans ces moments. Et puis je raccroche pour appeler tout de suite mon petit frère. Quand je l’ai au téléphone, ses mots sonnent encore dans ma tête : « c’est bon, je vais bien, ça va, mais c’est bon stop ! » Après ça, j’ai allumé la télé, pris mon portable pour aller sur Facebook et Twitter, c’est là que j’ai pris conscience de ce qui se passait. Le monde était devenu fou.

À trois heures du matin, je finis par m’endormir, de fatigue. Je repense à ces derniers jours, aux NRJ Music Awards qui avaient lieu à Cannes, et je me dis que ça aurait pu avoir lieu là-bas. Je pense à tous mes amis qui sont sur Paris et avec qui on avait l’habitude de traîner dans ces quartiers comme la plupart des victimes. Je pense à Bertrand, qui a le bar « le Complot » à Oberkampf (sacré non au fait!), à Fred, Matias, Pit, et les autres. Et puis je finis par penser aux parents des victimes, à ces pères et mères qui doivent être dingues de ne pas savoir ce que sont devenus leurs enfants. Et il y a les terroristes. Je ne sais pas quoi dire, je pense également à leurs parents, leurs familles, que doivent-ils se dire ? Penser ? Sont-ils fier ou se sentent-ils honteux ? se demandent-ils ce qu’ils ont pu faire pour que leurs enfants deviennent des monstres ? 

Le réveil est comme une mauvaise cuite. J’allume la télé, BFM continue à montrer ces images de la nuit, je pleure. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais je pleure. Ou plutôt si, je sais, je pleure de tristesse pour ceux qui ont perdu leur vie parce qu’ils étaient trop tolérants, trop ouvert d’esprit, trop bon, trop con peut être. Je pleure de rage parce que j’ai une furieuse envie de frapper, de crier, de détruire. Et j’entends cette Marseillaise. Ce chant, cet hymne qui est le nôtre, joué, chanté partout dans le monde comme un écho qui montre à ces connards qu’ils ne nous auront jamais. Ah oui, je deviens vulgaire, très vulgaire. J’ai du mal à lire ou à regarder certains posts. On sort et là, je vois un truc hallucinant : Cannes est sonnée. Cette ville si joyeuse se lève sonnée. Après les intempéries qui nous avaient touchées, mais contre lesquelles on ne pouvait rien, vient la peur du terrorisme qui vient nous toucher. Si Paris est meurtrie dans sa chaire, la France elle est touchée partout. Les gens demandent des nouvelles de leurs proches :  » il est pas sur Paris ton fils ? Ma fille ma dit que… Et Richard, t’as des nouvelles de Richard ? il devait pas monter sur Paris ? »…
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Après la peur et la tristesse, je me dis comme beaucoup d’autres qu’il faut se ressaisir. Comme tout futur quarantenaire qui ce respect, la phrase, de Maître Yoda à Luke Skywalker, résonne dans ma tête : « la peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine… Mène à la souffrance. » Je ne leur laisserai pas ma peur. Alors, pour me recharger les batteries, je regarde des choses drôles. J’en ai besoin. Nous allons devoir expliquer à nos enfants ce qui se passe et pour cela nous devons être fort. Je vois ce présentateur américain sur HBO qui dit que s’il y a bien un peuple que l’on ne pourra jamais combattre sur le terrain du savoir-vivre, c’est bien la France. Il y a ces vidéos, ces photos, sorte de pieds de nez à l’horreur de ces monstres. Et là, je me rends compte que nos enfants ne comprennent pas ce qu’il se passe. Alors on essaie de prendre le temps de leur expliquer. On leur dit que ce sont des fous. On essaie de trouver les mots. Ils sont fort nos enfants, ils comprennent, ils nous regardent et savent que quoiqu’il puisse arriver, nous serons là pour eux. Mes fils m’ont demandé d’envoyer une vidéo à leur oncle juste pour lui dire qu’ils l’aiment trop fort.

Cela fait maintenant une semaine que c’est arrivé. Une semaine que nous avons subies l’horreur. Aujourd’hui, je me suis demandé quel monde on allait laisser à nos enfants ? Je pense à mes arrières grands-parents qui, eux aussi en leur temps ont quitté leurs pays pour l’eldorado Français. Yervant, l’Arménien, qui a quitté malgré lui la Turquie qui avait massacré les siens, parce qu’ils étaient Arméniens et donc chrétiens, et Raphaël, l’Italien, ce bon vivant apolitique qui ne voulait pas rejoindre les chemises brunes de Mussolini. Que diraient-ils de cela ?

Finalement, je continue encore de pleurer dès que j’entends la Marseillaise, toujours de tristesse, toujours de colère… Il y a aussi le temps des questions : que va-t-il se passer maintenant ? Comment a-t-on pu en arriver là ? Et puis on a décidé de prendre le maquis, la résistance, du coup, on est allé au resto, on s’est baladé sur la croisette, on a acheté du saucisson et du bon vin et je tenais à dire ceci :  » DAESH, DAESH, on t’enc…« , je vous l’avais dit, je deviens vulgaire ;)

The Show Must Go On

Un mois après les intempéries, les stigmates restent encore visibles sur la Croisette comme partout en ville. La boutique Louis Vuitton est encore fermée pour travaux, et d’autres marques en profitent pour se refaire une santé.

Si Cannes vie encore un peu au ralenti, le rythme des événements n’a pas bougé. Même si le MIPCOM s’est terminé un peu sonné, le TFWA, rendez-vous annuel international pour l’industrie du duty free, s’est tenu au palais des Festivals comme prévu, pareil pour le Gastronoma, le salon de la gastronomie à Cannes, qui s’est installé au Palm Beach. Les Cannois ont une vision très optimiste finalement de ce qui leur est arrivé. Même s’ils se plaignent encore de ne pas avoir d’eau chaude pour certains, de téléphone ou d’Internet pour d’autres, ou encore de terminal CB pour certains commerçants, la vie continue finalement.

Les Politiques aussi ont décidé de prendre les choses en main, et le Maire de la ville, Monsieur David Lisnard a lancé un appel aux dons pour sa reconstruction en lançant l’opération #HelpCannes. Un appel aux dons qui doit permettre à la ville de se refaire une beauté, flétrie par cette terrible catastrophe.

Et puis il y a eu Halloween ! C’est assez drôle finalement qu’un évènement, devant célébrer les morts, ai permis de redonner un peu de gaieté dans cette ville. Dans les rues de Cannes des centaines de jeunes et moins jeunes sont partis déguisés en monstres, sorcières et autres personnages effrayant ou non, à la chasse aux bonbons et autres sucreries. En marchant rue d’Antibes, j’étais impressionné par la gentillesse des gens qui, pour faire plaisir aux enfants, avaient fait l’effort de préparer quelques friandises à distribuer. La joie était au rendez-vous malgré tout. Commerçants, passants, tous arboraient un sourire de circonstance.

Mais comme le dit si bien la chanson : « The show must go on!  » Ce week-end les NRJ Music Awards se tiendront au palais des Festivals, peut être que les stars en profiteront pour montrer leur soutien, qui sait…

Toujours est-il que pour nous ce mois d’octobre a été chargé en événements, et notre recherche d’appartement toujours au même stade, c’est-à-dire rien. Comme de vrai cannois, nous avons décidé de regarder le verre à moitié plein (sans jeu de mots) et continuons notre quête.

Le jour d’après …

J’ai longtemps réfléchi à la teneur de ce nouveau post. Au début, je voulais faire un article sur la rentrée et sur les événements d’entrepreneurs. Je me disais que le mois de septembre était une bonne période pour reprendre les activités, j’ai même assisté à des rencontres organisées par Créacannes. Mais les intempéries m’ont fait changer d’avis.

J’ai eu un ami au téléphone il y a peu, et, sur le ton de l’humour, il m’a dit : « dis donc, tu déménages dans le sud et voilà qu’ils se tapent la tempête du siècle ! Préviens-moi quand tu remontes sur Paris que je prenne des vacances ! » Si j’ai effectivement rigolé à cette blague, je ne peux m’empêcher de repenser à cette nuit.

Nous sommes samedi soir et nous avons décidé ma femme et les enfants de sortir dîner, le premier choix s’était porté sur l’épicurieux, mais on s’est ravisé pour aller à la brasserie l’Angle juste à côté de la maison. À 20:00, nous sortons pour aller dîner, rien de spécial hormis une petite pluie fine. Nous dînons et au fur et à mesure que l’heure avance, la force de la pluie s’intensifie, au point qu’un peu avant 22:00 la force de la pluie nous permet de voir un ruisseau se former rue Pasteur. Les serveurs du restaurant ont commencé à sortir la raclette pour évacuer les premières traces d’eau, on a vu une vieille femme arrivée malgré la force de l’événement à monter les quelques marches du restaurant avec sa canne, et puis est arrivée la coupure d’électricité.

Chacun agit de manière différente dans des moments de stress, pour ma part, j’essaie de faire un peu d’humour, pas toujours bon, je l’avoue, mais il faut évacuer comme on peut. Quand la serveuse est arrivée pour nous apporter nos desserts après 30 minutes de lumières tamisées par les quelques néons de la rue encore allumés, ma première réaction était de lui demander si la direction avait prévu des lits au cas où ? Je sais, c’est à se tordre de rire !

Et puis on est rentré, en ouvrant la porte de l’immeuble, on a mis les pieds dans 7cm d’eau, et il n’était que 22:30, l’épisode devait prendre fin quelques heures plus tard. En l’espace de 3 heures s’est abattu sur Cannes et ses alentours l’équivalent de plus de 3 mois de précipitations, du jamais-vu !

Mais le pire était à venir ! Durant la nuit, nous avons reçu des vidéos des intempéries, toutes plus folles les unes que les autres. Des torrents de boues se déversaient dans Cannes, et nous dormions sans vraiment comprendre ce qui se passait. La Croisette était dans le noir et avec elle le Carlton et le Martinez. Quand nous sommes sortis le matin, notre première destination a justement été la croisette. Un peu au hasard, nous avons erré dans les rues de Cannes pour découvrir un paysage hallucinant ! De la boue dans toutes les boutiques ! Sur les trottoirs jonchaient des morceaux de moquettes, des boîtes de vêtements de luxe, des meuble  Toutes les grandes marques ont été touchées : Louis Vuitton, Ralph Lauren, Breguet, Cerruti, Jimmy Choo  Mais le plus impressionnant, c’était le regard, celui de tous ces hommes et ces femmes qui semblaient perdus, abattu, hagard, un peu comme un boxeur qui vient de recevoir un coup qu’il n’aurait jamais cru possible de recevoir un jour. Et puis je suis allé voir le cousin de ma femme, qui est opticien rue de la République. En me dirigeant vers sa boutique, j’ai découvert l’ampleur des dégâts : des voitures retournées comme on retourne des crêpes, des traces de boues qui montaient parfois au-dessus de ma tête, des morceaux de routes, du bitume qui jonchait la route comme déposé délicatement, des montagnes de boues partout… Arrivée devant la boutique, je n’ai pu constater que ce drame laissait place à l’horreur. L’horreur de voir que des personnes avaient utilisé ces événements pour piller des magasins. Comme si un drame pouvait se transformer en opportunité !

Près d’une dizaine de jours après les événements, les cicatrices sont encore visibles partout dans les rues. Les distributeurs de monnaies ne fonctionnant pas tous encore, et les paiements par CB n’étant pas toujours disponibles dans les commerces, on assiste à un spectacle qui n’est pas sans rappeler les images de la Grèce. Des queues d’une trentaine de personnes devant les distributeurs qui fonctionnent s’organisent partout où les distributeurs fonctionnent. Les techniciens s’affairent partout pour rétablir : chauffage, électricité, réseau téléphonique, routes…

Une solidarité s’est organisée, après l’horreur viennent les plus belles qualités de l’humain : générosité, compassion, soutien. Les voisins se sont parlé, les collègues se sont aidés, les amis, la famille ont répondu présent. Et puis il y a les journalistes et leurs interminables questions : « avez-vous été prévenue par les services concernés ? Allez-vous revenir habiter dans vos maisons après ? Qu’avez-vous perdu ? » Et les gens qui feraient n’importe quoi pour avoir leurs  » 15 min de célébrité » en demandant par exemple au journaliste de BFM si ça va être en direct?. Et il y a aussi les commentaires sur les réseaux sociaux :  » ça va ce n’est pas Katrina non plus ! Et puis ça va, ils ont les moyens les Louis Vuitton et autres ! Oh ça va y a pire !« 

C’est drôle comme les gens peuvent réagir finalement. Cet évènement m’a permis de voir le meilleur comme le pire de l’être humain. Maintenant, on attend simplement de voir comment va être le jour d’après…

Cacher ce sable que je ne saurais voir …

Cannes fait l’objet d’un chassé-croisé bizarre : bye-bye les Saoudiens, bonjour les aoûtiens ! Au revoir, les super cars, les femmes parées de bijoux hors de prix et les tenues « bling-bling » et bonjour le festival de corps marqués par le temps autant qu’ils marquent les esprits, les casquettes et autre bob et le festival de selfies et autres « duck faces » ! Les places sur les plages se font rare, il faut presque jouer des coudes pour trouver un morceau de sable sur lequel poser sa serviette.

Cannes change de visage autant de fois qu’elle change de « population », et franchement, il y a des fois où le changement n’est pas toujours de bon goût. Mais il n’y a une chose qui ne change pas, la forêt de panneaux à vendre aussi bien sûr la croisette que dans la ville. Je me demande souvent comment font tous ces agents immobiliers pour vivre, tant d’offres et si peu de clients… En tous les cas, c’est ce que je croyais. Les vagues d’investisseurs sont aussi nombreuses à Cannes que celles qui viennent peupler la ville.

Prenons les Russes par exemple, il semble que cette vague d’appartements, villas et biens immobiliers en tous genre soit de leur fait. En effet, au moment de Sotchi, le très démocratique Vladimir Poutine, aurait demandé à ses concitoyens qui auraient la bonne idée d’investir hors de la sainte mère Russie, d’avoir l’obligeance de rapatrier leurs fonds illico presto sous peine d’attraper une maladie chronique.

Marché de FortvilleIMG_3531[1]Mais revenons à Cannes, le mois d’août est, comme à peu près partout en France, un mois « mort » difficile de joindre investisseurs, partenaires, et mêmes soutiens. Du coup, nous en profitons pour nous approprier la ville et voir ce que font les Cannois. Il y a un endroit assez incroyable, c’est le marché de Fortville, une sorte de mini Hall de Rungis avec ses étales pleines de fruits et de légumes. C’est un endroit
Incroyable où vous pourrez trouver légumes de saison, poisson (de la pêche du jour) et viandes. Une fois que vos courses seront terminées, passez prendre un « soca » sur le stand Socannes, cette spécialité niçoise à base de farine de pois chiche accompagnera volontiers un petit jaune que je vous conseille de prendre dans un petit bar qui jouxte le marché et qui se nomme « le couloir ». Un bar sans prétention, aux couleurs locales.

Donc pour résumer au mois d’août, évitez les plages et baladez-vous plutôt dans la ville, et si l’envie vous prenait de prendre un bain suivez les locaux…